Moi, Mister Patato...

Published on February 28 2013

J'étais, il y a longtemps, une patate comme une autre. Les enfants jouaient avec moi, me maltraitaient parfois, mais je les faisais rire... Ils s'intéressaient à moi... Puis, un jour, on me remplaça!

Je me souviens des cris des enfants le jour où la console fit irruption dans ma demeure. Ils sautaient dans tous les sens, et moi, j'observais tout cela de mon coin, oublié, délaissé, dépassé...

Vint le jour où l'on me déplaça, dans une malle, au grenier. Seul dans le noir, une éternité...

Mais il y en eut un qui ne m'oublia pas! Mon papa!!! C'est qu'à son époque, ils n'avaient pas les moyens de se payer une console, les gens... On s'amusait avec des jouets, des vrais!!! Et depuis, il m'avait gardé une place dans son cœur, lui... Le jour où il rouvrit la malle, je me souviendrai toujours de son regard bienveillant... Il m'avait offert à ses enfants, mais que ces derniers me snobent l'attristait profondément.

Je devins son compagnon de bureau. Fier, vaillant, posé près de l'écran de l'ordinateur comme certains y placeraient une plante verte... Il en avait une, d'ailleurs, mon papa, de plante verte. de l'autre côté de l'ordinateur. Mais elle était plus loin, il me préférait à elle, mon papa, c'est certain!!!!!

J'ignorais encore quel serait l'ennui terrible d'une journée de bureau. Oh certes, parfois, il me changeait les bras, les yeux, je collais à ses humeurs... Mais c'était pas pareil... Avec les enfants, il y en avait de l'action, de la vraie! C'est qu'il partait faire du terrain, parfois, mon papa! Mais alors, moi, je restais là, seul, la plante verte pour seule amie (et encore, c'eut plutôt été une rivale!)

 

Moi, Mister Patato...

Parfois, je m'avançais jusqu'à la fenêtre... Et j'observais la vie, là, dehors... Les gens, qui s'agitaient, le vent, faisant trembler les arbres pourtant si robustes, les nuages, vivants et si poétiques, les étourneaux, l'hiver venu, s'invitant à l’orée du jour de leurs nuées immenses, déféquant par dizaines de milliers, l'odeur putride envahissant mes naseaux de patate à mesure que s'amoncelaient les strates de guano!

On peut le dire, ça puait la merde d'oiseau, au travail de mon papa. C'est à ce moment que ça a commencé à cogiter...

Written by Mysterious Patato

Published on #Brest

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